Pas de ressort, pas de cran, pas de bouton : juste une lame, un manche et un clou. Le piémontais est l'un des couteaux pliants les plus simples qui soient, et c'est justement ce qui fait tout son charme. C'est aussi le modèle que je vous propose de composer vous-même à l'atelier.
Dans cet article, je vous explique d'où il vient, comment il fonctionne et pourquoi il séduit autant les amoureux de couteaux traditionnels.
Un couteau né au pied des Alpes
Comme son nom l'indique, le piémontais vient du Piémont, la région du nord-ouest de l'Italie qui borde la France. Son berceau est un village de montagne de la province de Coni (Cuneo) : Vernante, à une dizaine de kilomètres seulement de la frontière. C'est pourquoi on l'appelle aussi le vernantin.
C'était le couteau des bergers et des paysans : on le sortait de la poche pour couper le pain, le fromage, une ficelle ou une branche. Au début du XXe siècle, le village comptait encore une vingtaine de couteliers qui en vivaient. Ses origines exactes restent floues : certains artisans les faisaient remonter à plusieurs siècles.
Son système, simple et efficace, a depuis franchi les Alpes. Il est aujourd'hui repris par de nombreux couteliers, en Italie comme en France.
Le secret : la lentille
Le piémontais est un couteau à friction : la lame n'est retenue ni par un ressort ni par un verrou. Elle pivote librement autour d'un clou, et ce qui la maintient ouverte, c'est votre main.
Toute l'astuce tient dans un petit prolongement au talon de la lame : la lentille. Lame ouverte, elle vient se poser sur le dos du manche. Il suffit d'y appuyer le pouce pour que la lame reste bien en place pendant la coupe.
Cette lentille sert aussi de levier : on s'en sert pour ouvrir la lame, et elle fait office de butée pour l'arrêter dans la bonne position.
- Pas de ressortrien ne s'use ni ne casse
- Peu de piècesun couteau robuste
- Le poucemaintient la lame
Comment l'utiliser
- Ouvrez la lame en la saisissant par le dos, ou en basculant la lentille, jusqu'à ce que la lentille vienne se poser sur le manche.
- Placez le pouce sur la lentille : c'est lui qui maintient la lame pendant toute la coupe.
- Coupez en gardant cette pression, et toujours en éloignant le tranchant de vos doigts.
- Refermez en relâchant le pouce et en rabattant doucement la lame dans le manche, doigts hors du chemin du tranchant.
Important : la lame d'un piémontais ne se verrouille pas. C'est un couteau fait pour trancher : pain, fromage, fruits, saucisson, cordelette. Évitez de vous en servir pour piquer, forcer ou faire levier.
Pourquoi on l'adopte
Ses atouts
- Une mécanique simple, quasi inusable
- Un couteau léger et fin, agréable en poche
- Un nettoyage facile, sans ressort où se loge la saleté
- Un geste traditionnel, presque un rituel
À savoir
- Il demande une petite prise en main au début
- Il ne convient pas aux gros travaux en force
- Le serrage du clou se règle avec le temps : confiez-le à votre coutelier
Le piémontais en un coup d'œil
| Caractéristique | Le piémontais |
|---|---|
| Origine | Vernante, dans le Piémont (Italie) |
| Autre nom | Vernantin |
| Système | Friction, sans ressort ni verrou |
| Maintien de la lame | Le pouce posé sur la lentille |
| Usage idéal | Couteau de poche et de table : repas, pique-nique, balade |
Entretenir son piémontais
Comme il n'a pas de ressort, son entretien est simple. Essuyez la lame après usage, séchez bien l'espace entre la lame et le manche, et déposez de temps en temps une goutte d'huile sur le clou. Si votre lame est en acier carbone, je détaille tous les bons gestes dans l'article Comment entretenir un couteau en acier carbone.
La version 2 clous de l'atelier
Le piémontais classique tient sur un seul clou, autour duquel la lame pivote. À l'atelier, je propose une version à deux clous : le premier sert d'axe, le second, placé dans le manche, sert de butée à la lame. Résultat : une lame mieux tenue, une fermeture plus franche et un couteau qui garde son réglage plus longtemps, sans rien perdre de la simplicité d'origine.
Composez votre propre piémontais
Simple, élégant, chargé d'histoire : le piémontais est un couteau qu'on garde toute une vie. C'est pour cela que j'ai voulu vous permettre de le créer à votre image. Sur mon configurateur, vous choisissez l'acier de la lame, l'essence de bois du manche et même la gravure, et vous voyez votre couteau prendre forme.
Votre piémontais, détail par détail
Choisissez votre acier, votre bois et votre gravure : je le forge et l'assemble pour vous à l'atelier.
Une question sur le fonctionnement ou le choix des matériaux ? Écrivez-moi, je vous réponds avec plaisir.